17/08/2008

La BOURRACHE

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Il était une fois… C’est souvent comme cela que les contes de fées commencent.

Donc, il était une fois, un homme qui avait décidé de quitter la ville pour s’installer à la campagne. Qui dit campagne, dit nature et jardin. Premier comportement du citadin abordant la campagne, l’achat de tondeuse, scarificateur, outils de jardin de tous modèles et recherche de documentation pour la création d’un parc d’agrément.

Comme l’écologie est à la mode, les commandements de ce  nouvel agraire sont d’éviter toutes pulvérisations d’engrais, herbicides et pesticides. Au bout de quelques années d’aménagements en tout genre : plantations de nouveaux arbres et arbustes, éliminations des anciennes racines d’arbres abandonnés par les occupants successifs du lieu, aménagements du potager, de sentiers et de plates bandes florales,  le nouveau jardinier affronte des difficultés auxquelles il n’était pas préparé : l’envahissement écologique !

En quoi consiste ce mal inconnu du jardinier néophyte ?

L’envahissement écologique est un bien être, tout à fait relatif suivant les points de vue, où chaque espèce qu’elle soit humaine, animale ou végétative essaye de partager en toute sérénité une parcelle de nature à pollution diminuée.

Pour le jardinier néophyte écologiste, et qui veut le rester, la solution est de faire connaissance avec ce nouvel environnement.

Cet article n’ayant pas but de créer un mode d’emploi pour citadin regagnant sa terre promise, je n’évoquerai pas ici, les péripéties journalières de la protection des biens et des plantations contre les éléments tant domestiques de l’environnement, que sauvages.

Le remède essentiel semble résider dans le partage, la connaissance et surtout considérer que chaque espèce a son utilité. Essayer de conserver un bon équilibre est la chose délicate, mais pas impossible.

La saison la plus difficile est le printemps, car au moment où la nature explose, il est très difficile de déterminer quelles sont les herbes utiles et celles qui engraisseront le fumier végétal ; où donner le bon coup de bêche sans déplanter les oignons de fleurs plantés en automne ? Ce travail est d’autant plus laborieux quand on désire garder au jardin une certaine nature non domestiquée, sans qu’elle ne soit sauvage. Il faut alors attendre que certains plants arrivent à maturité pour pouvoir en distinguer la famille et l’espèce.

C’est alors que vous pénètre l’idée de l’herboristerie, comment distinguer et reconnaître les plantes et que peuvent-elles nous apporter.

Les croyances  antérieures nous ont placées dans un contexte maladie-médecine ayant tendance à remplacer les serpents du caducée en serpents se mordant mutuellement la queue dans un cercle infernal. Heureusement, nous vivons actuellement une prise de conscience, notamment au sujet de la santé, qui permet d’éviter l’attaque de la maladie par une hygiène de vie, une nouvelle manière de se nourrir, anticiper le mal par la prise de compléments vitaminiques naturels et éviter la dégénérescence par des apports nutritifs émanant des plantes.

Bien sûr, nous n’inventons rien, nous aurions plutôt tendance à revenir aux sources des soins connus et abandonnés par l’homme. L’expansion des villes, la croissance de la population, la facilité, l’évolution rapide de la chimie dans le domaine pharmaceutique sont autant de facteurs qui ont détourné l’attention du grand public des remèdes simples vers une chimie de plus en plus compliquée et souvent toxique. Nous sommes arrivés au paradoxe où certains médecins et organismes publics demandent aux gens, par voies des médias, de diminuer et limiter à des cas précis la prise de certains médicaments.  

 Alors, pourquoi ne pas regarder autour de soi et essayer de lire et comprendre comment la nature elle-même se soigne ?

Pourquoi telle plante se plait-elle et prolifère dans notre environnement ?

Faut-il croire au hasard, quand une plante vient spontanément squatter la pelouse, le potager  ou les plates-bandes ?

Une plante est venue spontanément et en puissance pousser un peu partout dans le jardin et ses allées. Je vais essayer de mieux la connaître et si elle l’accepte, d’en faire mon amie.

Cette plante c’est la BOURRACHE.

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Synonymes : boursette, bourrage, pain des abeilles, langue de bœuf.

Description : Plante à tige ramifiée. Feuilles ovales, fleurs en grappes, dont les pétales bleu ciel sont soudés à la base et étalés en étoile.  Les étamines ont des anthères noires soudées autour du stigmate.  Les fruits sont des tétrakènes durs. Toute la plante est couverte d'un duvet.

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Petite histoire

Le nom Bourrache proviendrait de l’arabe « abou-rach » et signifierait  « père qui fait transpirer ». Cette version, serait reliée à l’aspect sudorifique que l’on reconnaît à la plante. Pour les latinistes sa signification découlerait du bas- latin « burra » qui désigne un tissu de laine grossier irritant, analogie à la rudesse de la bure monastique et faisant référence à la texture de ses feuilles. En latin, borago serait une erreur phonétique de « cor ago » qui se traduit par « stimule le cœur » faisant référence à ses vertus cardiaques. 

Originaire des pays méditerranéens Arabes, elle a pénétré au Moyen-âge le reste de l'Europe en passant par l'Espagne. Les Romains l'auraient introduite en Angleterre. Les Grecs et les Romains mettaient ses fleurs à macérer dans du vin parce que, disait-on, elle effaçait la tristesse. Elle est mentionnée au Danemark dès le 13ème siècle.

Avant de devenir une "mauvaise herbe", la bourrache était cultivée comme légume, mais aussi comme plante médicinale et d'assaisonnement.

En France, au XVIIème siècle, elle était cultivée sur de grandes surfaces. Les herboristes de l'époque prescrivaient la bourrache, pour sa capacité à rassurer l'hypochondriaque (personne morose, inquiète en permanente concernant l'état de sa santé) et à réconforter l'étudiant angoissé.

Principaux constituants : Acides gras polyinsaturés, nitrate de potassium, tanin, résine, mucilage, saponine, silicates solubles,  choline et vitamines C.

Parties utilisées en herboristerie : toute la plante, mais particulièrement huiles extraites des graines, extrémités fleuries et jeunes feuilles.

Usages internes:

Infusion : en cas de refroidissement, 3 tasses/jour feront grand bien,

Soit deux pincées de fleurs pour un litre d'eau.  Infuser 10 mn. Et filtrer.

Ou une cuillère à café par tasse de sommités fleuries, y compris les jeunes feuilles, filtrer sur de l’ouate pour éliminer les poils irritants. Cette tisane aide à la transpiration et est légèrement diurétique. Cette tisane convient très bien aux personnes en « ayant plein le dos ».

Sirop de bourrache : Broyer et extraire le jus de la plante (avant floraison), ajouter une même quantité de sucre, cuire à feu doux jusqu'à la consistance d'un sirop. Quelques gorgées stimulent contre la mélancolie et l’anxiété. Ne  pas prendre avant de se coucher.

Recettes traditionnelles : Tirer par expression ¼ de litre de jus de feuilles. Ajouter 30 g de fleurs et 150 g de sucre. Mettre en pot et boucher. Prendre 1 cuillère à café 3 fois/jour.

Vin de bourrache : Faire bouillir quelques minutes dans un demi-litre de vin rouge 8 g de fleurs de bourrache, 10 g de pétales de coquelicot et 5 g de tilleul, filtrer et sucrer. Contre les refroidissements boire le soir avec une ou deux rondelles de citron.

L’huile extraite des graines est utilisée pour calmer les douleurs du ventre. C’est aussi un adoucissant de la gorge.

Usages externes :

Cataplasme :

Les feuilles fraîches calment les douleurs des abcès, inflammations, brûlures.

Décoction adoucissante :

10 à 15 g de feuilles bouillies dans un litre d'eau.

L’huile extraite des graines est aussi utilisée en application locale pour traiter l'eczéma ou l'arthrite rhumatoïde.

Lotion :

Broyer et extraire le jus de la plante, contre la sécheresse et l'irritation cutanée.

Usages culinaire :

Les jeunes feuilles sont utilisées pour décorer les salades. 

Les feuilles cuites et hachées se consomment comme des épinards. 

Les fleurs confites au sucre, servent comme confiserie ou décoration de gâteau.

Potage du Centenaire :

Vu ses constituants en acides gras polyinsaturés (gamma-lino linéique), la bourrache possède des propriétés hypotensives, qui permettent de diminuer les dépôts lipidiques qui obstruent les vaisseaux sanguins, diminuant les risques d’athérosclérose, de maladies cardiaques et de lésions cérébrales.

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Récoltez 250 gr de jeunes feuilles, lavez-les trois fois, en les frottant énergiquement entre elles. Epluchez et coupez en rondelles 3 pommes de terre moyennes et émincez un gros oignon.Couvrez le fond de casserole  d’huile d’olive et faites revenir l’oignon émincé. Ajoutez  les pommes de terre et couvrez avec les feuilles de bourrache. Assaisonnez sel, origan et thym.Cuisez pendant 30 minutes.Passez au passe-vite ou au mixer.

Bon appétit.

Micha

15:39 Écrit par micha dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |